L’homme de la Situation

Faire face et ne plus être débordé

Le livre que nous avons lu pour vous est écrit par deux auteurs américains contemporains ; Ken Blanchard et Steve Gottry. Ken Blanchard est connu comme auteur, formateur et consultant international dans les domaines du management et du leadership. Il est également professeur universitaire spécialisé en leadership et en comportement organisationnel. De plus, il est le fondateur de la société Blanchard, spécialisée dans la formation et le conseil. Parmi ses ouvrages les plus célèbres figure ‘Leadership and the One Minute Manager’. Il est également réputé, aux côtés de Paul Hersey, pour avoir développé le modèle de leadership situationnel, largement adopté tant aux États-Unis qu’à l’étranger. Quant à Steve Gottry, il est fondateur et directeur d’une agence de communication à Minneapolis, dans l’État du Minnesota, et également auteur de plusieurs scénarios.

La version originale du livre a été publiée en anglais en 2004 sous le titre ‘The On-Time, On-Target Manageré, puis traduite en français sous le titre ‘L’Homme de la Situation’. L’ouvrage, composé de 127 pages, comprend quatorze chapitres en plus de l’introduction et de la préface.

Dans ce livre, les auteurs abordent un phénomène répandu parmi de nombreuses personnes, notamment chez les employés d’entreprises ou d’organisations en général : la procrastination, ou le fait de remettre le travail d’aujourd’hui à demain. Le livre décrit avec précision les causes et les conséquences de ce retard dans l’exécution des tâches.

Les auteurs ont identifié trois problèmes principaux qui résultent du fait de ne pas accomplir une tâche à temps et de la reporter à plus tard :

  • Le retard dans l’exécution du travail.
  • La mauvaise qualité du travail effectué à la hâte et à la dernière minute.
  • Fatigue due à la précipitation

Pour résoudre et éviter ces problèmes, les auteurs proposent une stratégie basée sur trois éléments essentiels :

  1. Définir et classer les priorités selon leur importance.
  2. Faire le bon travail ou le travail approprié.
  3. S’engager à faire le travail.

Chaque élément est expliqué et analysé en détail par les auteurs.

1. Classification des priorités

Une priorité désigne ce qui est le plus important ou urgent. Cependant, les priorités changent constamment. Il est donc nécessaire d’avoir une liste de priorités dynamique et flexible, plutôt qu’une liste fixe. Les activités quotidiennes doivent être classées en quatre catégories :

  • Les choses que nous voulons faire et que nous insistons pour réaliser.
  • Les choses que nous devons faire mais que nous ne voulons pas faire.
  • Les choses que nous voulons faire mais qui ne sont pas urgentes.
  • Les choses que nous ne voulons ni faire ni considérer comme importantes.

Les deux premiers groupes sont placés sous la catégorie “Oui” : ils doivent être réalisés. Le troisième groupe est placé sous la catégorie “Peut-être” : à faire ou à reporter. Enfin, le quatrième groupe est placé sous la catégorie “Non” : inutile de s’en occuper pour le moment.  Le mauvais manager, qui réalise ses tâches à la dernière minute, accorde généralement son temps aux choses du quatrième groupe et ne sait pas identifier ce qui est vraiment important à un moment donné.

La gestion des priorités insiste donc sur le classement et sur le fait de s’assurer que les choses les plus importantes reçoivent une attention immédiate et soient réalisées en priorité. Cela aide le manager de dernière minute à se débarrasser de l’habitude de retarder l’exécution des tâches.

2. Faire le travail juste

Le deuxième élément de la stratégie consiste à accomplir la tâche appropriée, ce qui implique :

  • Faire la bonne chose.
  • La faire pour des raisons valables.
  • La faire avec les bonnes personnes.
  • La faire au bon moment .
  • La faire dans un ordre bien défini.
  • La faire avec conviction.
  • La faire pour obtenir de bons résultats.

Faire le travail juste :  Il est peut-être facile de dire “faire le travail juste”, mais que signifie réellement cette expression ? Les auteurs précisent qu’il s’agit de s’assurer que l’action est moralement correcte. Dans ce cadre, il est essentiel de poser trois questions fondamentales :

  1. L’action est-elle légale ?
    Cela signifie qu’elle respecte les lois et les règles de l’organisation.
  2. L’action est-elle équitable ?
    Elle doit favoriser des relations de type gagnant-gagnant.
  3. Comment vais-je me sentir en réalisant cette action ?
    Cette question concerne l’estime de soi.

La première question porte sur l’équité, la deuxième sur l’honnêteté, et la troisième sur le respect de soi. Il est important de noter que la plupart des gens se concentrent sur ce qui est légal, mais une action peut être légale tout en restant immorale.

Faire les choses pour des raisons valables : Avant d’entreprendre une tâche, il est essentiel de se demander si elle est motivée par un intérêt personnel ou par la volonté d’aider autrui. Un véritable leader agit dans l’intérêt des autres et les aide à surmonter leurs difficultés, tandis qu’un “manager de dernière minute” agit principalement pour éviter ses propres problèmes.

Faire les choses avec les bonnes personnes : Il est primordial de collaborer avec des personnes en qui nous avons confiance, qui savent garder des secrets, et qui partagent nos valeurs et principes éthiques.

Faire les choses au bon moment : Cela revient à la question des priorités. Il est nécessaire d’identifier ce qui est le plus important et de l’accomplir au moment opportun, tout en évitant de faire plusieurs choses à la fois.

Faire les choses dans ordre bien défini : Cela peut être résumé par la règle des priorités : certaines tâches doivent être effectuées avant d’autres, selon leur importance et leur urgence.

Faire les choses avec conviction : La conviction repose sur l’enthousiasme, l’amour pour ce que l’on fait et l’engagement désintéressé. La différence entre un “manager de dernière minute” et un “leader exemplaire” est que le premier laisse les choses arriver, tandis que le second prend les devants pour les faire arriver. Pour cela, un manager doit donner l’exemple, être au service des autres et valoriser leurs contributions.

Faire les choses pour obtenir de bons résultats : Cela implique de combiner toutes les actions justes précédemment mentionnées afin de prendre des décisions éclairées conduisant à des résultats positifs.

3. Engagement

Dans ce contexte, l’engagement signifie accomplir une tâche quelles que soient les circonstances. Il est important ici de distinguer l’intérêt de l’engagement. Une personne simplement intéressée – par exemple, quelqu’un qui souhaite faire du sport – trouvera toujours des excuses pour ne pas s’y mettre. En revanche, une personne engagée ne cherche pas d’excuses et accomplit ses tâches malgré les obstacles.

L’engagement peut être décliné en plusieurs niveaux :

  • Engagement envers Dieu.
  • Engagement envers la famille.
  • Engagement envers les priorités.
  • Engagement envers les objectifs.
  • Engagement envers les idéaux.
  • Engagement envers l’intégrité.
  • Engagement envers la vérité.

En résumé, Ce livre propose un plan d’action pratique et des techniques simples pour aider les gens à abandonner l’habitude de remettre à demain ce qui peut être fait aujourd’hui. Il offre une méthode efficace pour améliorer leur productivité dans tous les aspects de leur vie, qu’il s’agisse de leur carrière ou de leur vie familiale. Enfin, il trace une feuille de route pour ceux qui souhaitent devenir des “l’homme ou la femme du moment” .